FASCICULE 4

 

RELATIONS DE DIEU AVEC L'UNIVERS

LE Père Universel a un dessein éternel concernant les phénomènes matériels, intellectuels, et spirituels de l'univers des univers, et il le met constamment à exécution. C'est de sa propre volonté libre et souveraine que Dieu a créé les univers, et il l'a fait en accord avec son dessein éternel et infiniment sage. Il est douteux qu'à l'exception des Déités du Paradis et de leurs associés les plus élevés quelqu'un en sache beaucoup sur le dessein éternel de Dieu. Même les citoyens haut-placés du Paradis ont des opinions très diverses sur la nature du dessein éternel des Déités.

Il est aisé, d'inférer qu'en créant le parfait univers central de Havona le but était purement de satisfaire la nature divine. Havona peut servir de création modèle pour tous les autres univers, et d'apprentissage final pour les pèlerins du temps sur leur chemin vers le Paradis. Toutefois, une telle création céleste doit exister primordialement pour le plaisir et la satisfaction des Créateurs parfaits et infinis.

Il y a un plan stupéfiant pour perfectionner les mortels évolutionnaires et, après qu'ils ont atteint le Paradis et le Corps de la Finalité, pour leur fournir une éducation supplémentaire en vue d'une oeuvre future non révélée. Il semble que ce plan soit à présent l'un des principaux soucis des sept superunivers et de leurs nombreuses subdivisions. Mais ce plan d'ascension pour spiritualiser et éduquer les mortels du temps et de l'espace n'est nullement l'occupation exclusive des intelligences universelles. En vérité, il y a beaucoup d'autres travaux attrayants qui occupent le temps et enrôlent les énergies des armées célestes.

1. -- LE COMPORTEMENT DU PÈRE DANS L'UNIVERS

Durant des âges, les habitants d'Urantia se sont mépris sur la Providence de Dieu. Il y a un plan providentiel divin pour votre monde, mais ce n'est pas la tutelle puérile, arbitraire, et matérielle que beaucoup de mortels ont conçue. La providence de Dieu consiste dans les activités solidaires des êtres célestes et des esprits divins qui, en harmonie avec la loi cosmique, travaillent sans cesse pour honorer Dieu et pour faire avancer spirituellement ses enfants dans l'univers.

Dans votre concept de la manière dont Dieu traite les hommes, ne pourriez-vous vous élever jusqu'au niveau où vous reconnaîtrez que le progrès est le mot de passe de l'univers? Durant de longs âges, la race humaine a lutté pour atteindre son présent statut. Pendant tous ces millénaires, la Providence a élaboré le plan d'évolution progressive. Les deux idées ne sont pas opposées dans la pratique, mais seulement dans les concepts erronés de l'homme. La providence divine ne se dresse jamais en opposition au véritable progrès humain temporel ou spirituel. Elle se conforme toujours à la nature parfaite et invariante du suprême Législateur.

« Dieu est fidèle » et « tous ses Commandements sont justes.» « Sa fidélité est établie dans les cieux mêmes.» « O Seigneur, ta parole est fixée à toujours dans les cieux. Tu es fidèle envers toutes les générations. Tu as instauré la terre et elle demeure.» « Il est un Créateur fidèle.»

Il n'y a pas de limites aux forces et aux personnalités dont le Père peut se servir pour faire observer son dessein et soutenir ses créatures. « Le Dieu éternel est notre refuge, et au-dessous il y a les bras éternels.» « Celui qui habite le lieu secret du Très Haut demeurera à l'ombre du Tout-Puissant.» «Voici, jamais celui qui nous garde ne dormira ni ne sommeillera.» « Nous savons que toutes choses travaillent ensemble pour le bien de ceux qui aiment Dieu, car les yeux du Seigneur sont fixés sur les justes, et ses oreilles sont ouvertes à leurs prières.»

Dieu soutien « toutes choses par la parole de son pouvoir.» Et pour la naissance des nouveaux mondes, il « envoie ses Fils, et ces mondes sont créés.» Non seulement Dieu les crée, mais il les « préserve tous.» Dieu soutient constamment toutes les choses matérielles et tous les êtres spirituels. Les univers sont éternellement stables. Il y a de la stabilité au milieu d'une apparence d'instabilité. Il y a un ordre et une sécurité sous-jacents au milieu des bouillonnements d'énergie et des cataclysmes physiques des royaumes étoilés.

Le Père Universel ne s'est pas retiré de la direction des univers. Il n'est pas une Déité inactive. Si Dieu se retirait comme support actuel de toute la création, il se produirait immédiatement un effondrement universel. Sauf pour Dieu, il n'y aurait plus rien qui ressemble à la réalité. A l'instant présent comme dans les époques lointaines du passé et dans l'éternel futur, Dieu continue de soutenir les mondes. Son activité s'étend sur tout le cercle de l'éternité. L'univers n'est pas remonté comme une pendule pour marcher un certain temps et ensuite cesser de fonctionner. Toutes choses sont constamment renouvelées. Le Père rayonne sans cesse de l'énergie, de la lumière, et de la vie. Le travail de Dieu est matériel aussi bien que spirituel. « Il étend le Nord sur l'espace vide et suspend la Terre au néant.»

Un être de mon ordre est capable de découvrir une harmonie ultime et de détecter une coordination profonde et de grande portée dans les affaires administratives courantes de l'univers. Beaucoup d'événements que la pensée humaine considère comme décousus et fortuits apparaissent ordonnés et constructifs à ma compréhension, mais il se passe dans l'univers une quantité de choses que je ne comprends pas pleinement. J'ai longtemps étudié et suis plus ou moins familier avec les forces, énergies, pensées, morontias, esprits, et personnalités reconnus dans les univers locaux et les superunivers. J'ai des notions générales sur le mode opératoire de ces agents et personnalités, et je connais très intimement les oeuvres des intelligences spirituelles accréditée du grand univers. Nonobstant ma connaissance des phénomènes universels, je suis constamment confronté avec des réactions cosmiques que je ne puis saisir pleinement. Je rencontre continuellement des conspirations apparemment fortuites d'interassociations de forces, d'énergies, d'intellects, et d'esprits que je n'arrive pas à expliquer de façon satisfaisante.

Je suis entièrement compétent pour retracer et analyser le déroulement de tout phénomène résultant directement des activités du Père Universel, du Fils Éternel, de l'Esprit Infini, et dans une grande mesure de l'Ile du Paradis. Mais je suis perplexe lorsque je rencontre ce qui est apparemment dû à l'activité de leurs mystérieux coordonnés, les trois Absolus de potentialité. Les Absolus paraissent remplacer la matière, transcender la pensée, et faire surgir l'esprit. Mon inaptitude à comprendre ces opérations complexes me trouble constamment et me rend souvent perplexe. Je les attribue à la présence et aux agissements de l'Absolu Inconditionné, de la Déité Absolue, et de l'Absolu Universel.

Ces Absolus doivent être les présences non pleinement révélées qui, répandues dans les univers, agissent sur les phénomènes de puissance spatiale et les fonctions de certaines autres valeurs superultimes. Ils rendent impossible aux physiciens, aux philosophes, et même aux adeptes religieux, de prédire avec certitude comment les sources primordiales de force, de concept, ou d'esprit réagiront aux demandes d'une situation de réalité complexe, impliquant des ajustements suprêmes et des valeurs ultimes.

Il y a également une unité organique dans les univers du temps et de l'espace. Elle paraît servir de fondement à toute la trame des événements cosmiques. Cette présence vivante de l'Etre Suprême en évolution, cette Immanence de l'Incomplet Projeté, se manifeste inexplicablement de temps à autre par ce qui apparaît comme une coordination étonnamment fortuite entre des événements universels a priori sans rapports entre eux. Cela doit être la Providence ) le royaume de l'Etre Suprême et de l'Acteur Conjoint.

Elle représente un vaste contrôle généralement méconnaissable de la coordination et de l'interassociation de toutes les phases et formes de l'activité de l'univers. J'ai tendance à croire que c'est ce contrôle qui fait qu'un pêle-mêle aussi bigarré et apparemment aussi désespérément confus de phénomènes physiques, mentaux, moraux, et spirituels se dénoue si infailliblement à la gloire du Seigneur et pour le bien des hommes et des anges.

Mais dans un sens plus large, les « accidents » apparents du cosmos font indubitablement partie de l'aventure limitée de l'Infini manipulant éternellement les Absolus dans l'espace-temps.

2. -- DIEU ET LA NATURE

Dans un sens limité, la nature est l'habitude physique de Dieu. La conduite ou action de Dieu est conditionnée et provisoirement modifiée par les plans expérimentaux et les types évolutionnaires d'un univers local, d'une constellation, d'un système, ou d'une planète. Dieu agit en accord avec une loi immuable, bien définie, et invariante, dans toute la vaste étendue du maître univers. Mais il modifie le type de son activité pour contribuer à coordonner et à équilibrer la conduite de chaque univers, constellation, système, planète, et personnalité, en harmonie avec les objectifs locaux, les buts et les plans des projets finis de développement évolutionnaire.

La nature, telle que les mortels la comprennent, présente la fondation sous-jacente et l'arrière-plan fondamental d'une Déité invariante et de ses plans immuables, avec des manifestations influencées par les circonstances locales. Celles-ci provoquent des modifications, des fluctuations, et des bouleversements dus à la mise en oeuvre de plans, de desseins, d'archétypes, et de conditions inaugurés et exécutés par l'univers local, la constellation, le système, et les forces et personnalités planétaires. Par exemple, les lois de Dieu telles qu'elles ont été ordonnées pour Nébadon sont modifiées par les plans établis par le Fils Créateur et l'Esprit Créatif de cet univers local. En outre, l'action de ces lois a été influencée par les erreurs, les défaillances, et les insurrections de certains êtres résidant sur votre planète et appartenant au système planétaire de Satania dont vous faites partie.

La Nature est la résultante espace-temps de deux facteurs cosmiques: premièrement, l'invariance, la perfection, et la rectitude de la Déité du Paradis, et deuxièmement les plans expérimentaux, les maladresses d'exécution, les erreurs insurrectionnelles, le développement incomplet, et l'imperfection dans la sagesse des créatures extra-paradisiaques, depuis la plus élevée jusqu'à la plus humble. La nature comporte donc une trame de perfection uniforme, immuable, majestueuse, et merveilleuse venant du cercle de l'éternité. Mais dans chaque univers, sur chaque planète, et dans chaque vie individuelle, cette nature est modifiée, conditionnée, et parfois déparée par les actes, les fautes, et les infidélités des créatures des systèmes et des univers évolutionnaires. Il faut donc que la nature soit toujours d'humeur changeante et même capricieuse, bien que stable dans le fond, et variée selon les processus mis en oeuvre dans un univers local.

La nature est la perfection du Paradis divisée par l'imperfection, le mal, et le péché des univers inachevés. Ce quotient exprime donc à la fois le parfait et le partiel, l'éternel et le temporel. L'évolution continue modifie la nature en accroissant le contenu de la perfection du Paradis et en réduisant le contenu du mal, de l'erreur, et de l'inharmonie de la réalité relative.

Dieu n'est personnellement présent ni dans la nature ni dans aucune des forces de la nature, car le phénomène de la nature surimpose les imperfections de l'évolution progressive, et parfois les conséquences d'une rébellion insurrectionnelle, sur les fondements paradisiaques de la loi universelle de Dieu. La nature telle qu'elle apparaît sur un monde comme Urantia ne peut jamais être l'expression juste, la vraie représentation, le portrait fidèle d'un Dieu infini et parfaitement sage.

Dans votre monde, la nature représente les lois de la perfection conditionnées par les plans évolutionnaires de l'univers local. Quelle parodie de rendre un culte à la nature parce qu'elle est imprégnée par Dieu dans un sens qualitatif limité, ou parce qu'elle est une phase du pouvoir universel, donc divin! La nature traduit aussi la manifestation inachevée, incomplète, imparfaite du développement, de la croissance, et du progrès d'un univers expérimental en évolution cosmique.

Les défauts apparents du monde naturel ne correspondent à aucun défaut du ordre dans le caractère de Dieu. Les imperfections observées représentent plutôt les temps d'arrêt inévitables dans le déroulement constant du spectacle où se dépeint l'infini. Ces interruptions défectueuses de la continuité parfaite sont précisément ce qui rend possible à la pensée limitée des hommes matériels d'avoir un aperçu fugace de la réalité divine dans l'espace-temps. Les manifestations matérielles de la divinité ne semblent défectueuses à la pensée évolutionnaire des mortels qu'en raison de leur persistance à regarder les phénomènes de la nature avec leurs yeux de chair, sans l'adjuvant de la mota (prescience) morontielle ou de la révélation, qui forment un substitut compensant la vision humaine dans les mondes du temps.

Et la nature est déparée, son magnifique visage est balafré, ses traits sont flétris par la rébellion, l'inconduite, et les mauvaises pensées de myriades de créatures qui font partie de la nature, mais qui ont contribué à la défigurer dans le temps. Non, la nature n'est pas Dieu. La nature n'est pas un objet d'adoration.

3. -- LE CARACTÈRE INVARIANT DE DIEU

Pendant bien trop longtemps, les hommes ont cru que Dieu leur ressemblait. Dieu n'est pas, n'a jamais été, et ne sera jamais jaloux d'un homme ou d'un être quelconque de l'univers des univers. Dieu sait que le Fils Créateur a l'intention de faire de l'homme la pièce maîtresse de la création planétaire, de lui faire gouverner toute la terre. Lorsqu'il voit les hommes se prosterner devant des idoles de bois, de pierre, d'or, ou d'ambition égoïste, ce spectacle sordide incite Dieu et ses Fils à être jaloux pour l'homme, mais jamais de l'homme.

Le Dieu éternel est incapable de colère et d'emportement dans le sens humain de ces émotions, et tel que les hommes comprennent ce genre de réactions. Ces sentiments sont vulgaires et méprisables, à peine dignes d'être appelés humains, et encore bien moins divins. De tels comportements sont entièrement étrangers à la nature parfaite et au caractère plein de grâce du Père Universel.

Une partie, une très grande partie des difficultés éprouvées par les mortels d'Urantia pour comprendre Dieu provient des conséquences profondes de la rébellion de Lucifer et de la trahison de Caligastia. Sur les mondes non isolés par le péché, les races évolutionnaires peuvent se faire une idée bien meilleure du Père Universel. Elles souffrent moins de confusion, de déformation, et de perversion dans leurs concepts.

Dieu ne se repent jamais de ce qu'il a fait, de ce qu'il fait maintenant, ni de ce qu'il fera dans l'avenir. Il est infiniment sage aussi bien que tout-puissant. La sagesse des hommes naît des épreuves et des erreurs de l'expérience humaine. La sagesse de Dieu réside dans la perfection absolue de son infinie perspicacité universelle, et cette divine prévoyance dirige effectivement la libre volonté créatrice.

Le Père Universel ne fait jamais rien qui cause ultérieurement du chagrin ou des regrets, mais il en va autrement pour les créatures douées de volonté qui ont été formées selon les plans de ses Créateurs personnalisés dans les univers extérieurs. Celles-ci font des choix malheureux qui provoquent parfois des émotions de divine tristesse chez leurs parents Créateurs. Mais bien que le Père ne commette pas d'erreurs, n'éprouve pas de regrets, et ne ressente pas de chagrins, il est doué d'une affection de père. Son coeur est certainement affligé lorsque ses enfants n'arrivent pas aux niveaux spirituels qu'ils pourraient atteindre avec l'assistance qui leur a été si généreusement fournie par les plans d'aboutissement spirituel et le mode d'ascension des mortels mis en oeuvre dans les univers.

La bonté infinie de Dieu dépasse la compréhension des penseurs mortels du temps. Pour exposer effectivement une phase de bonté relative, il faut donc toujours fournir un contraste avec un mal (non un péché) servant de comparaison. La perspicacité imparfaite des mortels ne peut discerner la perfection de la bonté divine que parce que celle-ci se trouve associée en relation de contraste avec l'imperfection relative des relations d'espace-temps dans les mouvements de la matière.

Le caractère de Dieu est infiniment surhumain. C'est pourquoi il faut que sa nature divine soit personnalisée, comme dans les Fils divins, avant de pouvoir être comprise, même à l'aide de la foi, par la pensée finie de l'homme.

4. -- LA CONCEPTION CLAIRE DE DIEU

Dans tout l'univers des univers, Dieu est le seul être stationnaire, contents en soi, et invariant, n'ayant ni extérieur, ni au-delà, ni passé, ni futur. Dieu est énergie intentionnelle (esprit créateur) et volonté absolue. Ces qualités sont auto-existantes et universelles.

Puisque Dieu existe par lui-même, il est absolument indépendant. L'identité même de Dieu est hostile au changement. « Moi, le Seigneur, je ne change pas.» Dieu est immuable, mais ce n'est pas avant d'avoir atteint le statut du Paradis que l'on peut commencer quelque peu à comprendre comment Dieu passe de la simplicité à la complexité, de l'identité à la variation, du repos au mouvement, de l'infini au fini, du divin à l'humain, et de l'unité à la dualité et à la trinité. Dieu peut modifier ainsi les manifestations de son caractère absolu parce que l'invariance divine n'implique pas l'immobilité. Dieu a de la volonté, il est volonté.

Dieu est l'être qui se détermine absolument par lui-même. Il n'y a pas de limites à ses réactions dans l'univers, sinon celles qu'il s'impose lui-même. Ses actes de libre arbitre ne sont conditionnés que par les qualités divines et les attributs parfaits qui sont les caractéristiques inhérentes à son éternelle nature. Le lien entre Dieu et l'univers est donc celui d'un être de bonté finale additionnée d'une libre volonté d'infinité créatrice.

Le Père-Absolu est le créateur de l'univers central et parfait, et le Père de tous les autres Créateurs. Le Père partage avec les hommes et d'autres êtres la personnalité, la bonté, et de nombreuses autres caractéristiques, mais l'infinité de volonté n'appartient qu'à lui seul. Dieu n'est limité dans ses actes créateurs que par les sentiments de son éternelle nature et par les préceptes de sa sagesse infinie. Dieu ne choisit personnellement que ce qui est infiniment parfait, d'où la perfection céleste de l'univers central. Bien que les Fils Créateurs partagent entièrement sa divinité et même certaines phases de sa nature absolue, ils ne sont pas tout à fait limités par la finalité de sagesse qui dirige la volonté infinie du Père. En conséquence, la volonté créatrice devient encore plus active, entièrement divine, et à peu près ultime, sinon absolue, chez les Fils de l'ordre des Micaëls. Le Père est infini et éternel, mais si l'on niait qu'il puisse se limiter lui-même volontairement, cela équivaudrait à nier le concept même du caractère absolu de sa volonté.

La nature absolue de Dieu imprègne les sept niveaux de la totalité universelle, et la totalité de cette nature absolue est soumise à la relation entre le Créateur et la famille universelle des créatures. Il se peut que la précision caractérise la justice trine dans l'univers des univers. Mais dans toutes ses vastes relations avec les créatures du temps, le Dieu des univers est gouverné par le sentiment divin. En premier et en dernier lieu ) éternellement ) le Dieu infini est un Père. Parmi toute les titres possibles qui permettraient de le faire connaître convenablement, j'ai reçu ordre de dépeindre le Dieu de toute création comme le Père Universel.

Chez Dieu le Père, les actes de libre arbitre ne sont ni gouvernés par son pouvoir ni guidés par le seul intellect. La divine personnalité se définit comme un esprit se manifestant aux univers en tant qu'amour. En conséquence, dans toutes ses relations avec les personnalités créées des univers, la Source-Centre Première est toujours et uniformément un Père aimant. Dieu est un Père au sens le plus élevé du terme. Il est éternellement poussé par l'idéalisme parfait de l'amour divin, et c'est dans le fait d'aimer et d'être aimé que cette tendre nature trouve sa plus forte expression et sa plus grande satisfaction.

Dans la science, Dieu est la Cause Première; en religion, il est le Père universel et aimant; en philosophie, il est l'unique être qui existe par soi-même, ne dépendant d'aucun autre être pour son existence, mais conférant salutairement l'existence réelle à toutes choses et à tous les autres êtres. La révélation est toutefois nécessaire pour démontrer que la Cause Première de la science et l'Unité autonome de la philosophie sont le Dieu de la religion, plein de miséricorde et de bonté, et engage à faire survivre éternellement ses enfants terrestres.

Nous recherchons avec insistance le concept de l'Infini, mais nous adorons l'idée-expérience de Dieu, notre capacité de saisir en tout lieu et à tout moment les facteurs personnels et divins de notre concept le plus élevé de la Déité.

La conscience d'avoir mené victorieusement une vie humaine sur la terre naît de la foi d'une créature confrontée avec le terrible spectacle des limitations humaines, lorsqu'à chaque épisode récurrent de son existence et sans jamais faillir elle ose proclamer ce défi: Même si je ne peux pas faire une chose, quelqu'un vit en moi qui peut la faire et la fera, une fraction du Père-Absolu de l'univers des univers. C'est cela « la victoire qui triomphe du monde, votre foi elle-même.»

5. -- IDÉES ERRONÉES SUR DIEU

La tradition religieuse est l'histoire imparfaitement conservée de l'expérience des hommes qui connaissaient Dieu dans les âges passés. Mais on ne saurait se fier a ces annales pour guider une vie religieuse ou pour disposer d'une source d'informations véridiques sur le Père Universel. Les anciennes croyances ont été invariablement altérées, parce que les hommes primitifs étaient des bâtisseurs de mythes.

Sur Urantia, l'une des plus grandes sources de confusion au sujet de la nature de Dieu provient de ce que vos livres sacrés n'ont pas réussi à faire une distinction nette entre les trois personnes de la Trinité du Paradis. Ils n'ont pas non plus distingué entre la Déité du Paradis et les créateurs et administrateurs des univers locaux. Au cours des dispensations passées où l'intelligence était plus bornée, vos prêtres et vos prophètes n'ont pas su établir de différences claires entre les Princes Planétaires, les Souverains des Systèmes, les Pères des Constellations, les Fils Créateurs, les Chefs des Superunivers, l'Etre Suprême, et le Père Universel. Bien des messages de personnalités subordonné, telles que les Porteurs de Vie et divers ordres d'anges, ont été présentés dans vos archives comme venant de Dieu lui-même. La pensée religieuse d'Urantia confond encore les personnalités associées à la Déité avec le Père Universel lui-même, de sorte que tous sont inclus sous une seule et même appellation.

Les peuples d'Urantia continuent à être influencés par des concepts primitifs de Dieu et à en souffrir. Les dieux qui se conduisent en énergumènes dans la tempête, qui secoue la terre dans leur colère et frappent les hommes dans leur courroux, qui infligent le jugement de leur mécontentement aux époques de famine et d'inondation ) voilà les dieux des religions primitives. Ce ne sont pas les Dieux vivants qui gouvernent les univers. De telles conceptions sont des reliques des temps où les hommes supposaient que l'univers était guidé et dominé par les caprices de ces dieux imaginaires. Mais les hommes commencent à comprendre clairement qu'ils vivent comparativement sous un régime de loi et d'ordre en ce qui concerne la politique administrative et la conduite des Créateurs Suprêmes et des Contrôleurs Suprêmes.

L'idée barbare d'apaiser un Dieu courroucé, de se rendre favorable un Seigneur offensé de gagner les faveurs de la Déité par des sacrifices, des pénitences, et même en versant du sang, représente une religion totalement puérile primitive, une philosophie indigne d'un âge éclairé par la science et la vérité. De telles croyances sont absolument répugnantes pour les êtres célestes et les chefs divins qui servent et règnent dans les univers. C'est un affront à Dieu de croire, de soutenir, ou d'enseigner qu'il faut verser du sang innocent pour gagner sa faveur ou détourner une colère divine fictive.

Les Hébreux croyaient que « sans versement de sang il ne pouvait y avoir de rémission des péchés.» Ils n'avaient pas pu se délivrer de la vieille idée païenne que seule la vue du sang pouvait apaiser les Dieux. Cependant Moïse avait marqué un net progrès lorsqu'il interdit les sacrifices humains et leur substitua des sacrifices cérémoniels d'animaux, appropriés à la mentalité primitive de ses disciples qui étaient des Bédouins enfantins.

L'effusion d'un Fils du Paradis sur votre monde était inhérente à la clôture d'un âge planétaire. Elle était inévitable et ne résultait pas nécessairement dû dessein de gagner la faveur de Dieu. Il advint aussi que cette effusion fut l'acte final personnel d'un Fils Créateur dans la longue aventure pour gagner par expérience la souveraineté sur son univers. Les hommes ont enseigné que le coeur paternel de Dieu, dans toute sa froideur et sa dureté austères, était si peu touché par les malheurs et chagrins de ses créatures que sa tendre miséricorde ne pouvait se manifester avant qu'il ait vu son Fils irréprochable saigner et mourir sur la croix du Calvaire! Quelle parodie du coeur infini de Dieu!

Mais les habitants d'Urantia doivent trouver le moyen de se délivrer de ces anciennes erreurs et de ces superstitions païennes concernant la nature du Père Universel. La révélation de la vérité sur Dieu est en voie d'apparaître. La race humaine est destinée à connaître le Père Universel dans toute sa beauté de caractère et avec les attributs exquis si magnifiquement dépeints par le Fils Créateur qui a séjourné sur Urantia comme Fils de l'Homme et Fils de Dieu.

[Présenté par un Conseiller Divin d'Uversa.]

 

 

 
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